Ségolène Royal : haine ou stratégie ?

23/04/2009

Il ne se passe désormais plus une semaine sans que les médias ne relatent les « coups d’éclat » de Ségolène Royal. A chaque fois, ses interventions agressives provoquent le débat. C’est sans doute sa manière à elle d’exister, car en vérité , sur le fond, ses idées ne présentent guère de différence avec celles défendues par le parti socialiste. Dés lors, pour que les médias parlent d’elle, il lui faut forcer le trait, quitte à déplaire jusque dans son propre camp.

Il en irait tout différemment si l’ex candidate aux présidentielles avait gagné le Présidence du PS. Car, alors, elle aurait bénéficié d’un cadre pour s’exprimer, d’équipes et de moyens financiers pour agir, et aurait pu s’approprier les projets de son parti. Comme ce n’est pas le cas, S. Royal doit donc conduire une  démarche autonome visant à la différencier de ses adversaires de droite et de gauche.

Le problème qu’elle rencontre aujourd’hui devrait s’accentuer à mesure qu’on approchera des périodes électorales  : sans projet original, elle sera amenée à durcir encore ses propos et à tout miser sur la forme. Mais cette forme ne peut être efficace que si elle est cumulée à un véritable effet de surprise, qui confinerait alors à une certaine originalité. Or, la demande d’excuse  à l’endroit des déclarations diverses et variées de notre Président de la République, si elle a pu interpeller l’opinion publique à son origine, tend désormais à se banaliser par son caractère répétitif.

S. Royal, même si elle continue d’exister médiatiquement, se marginalise peu à peu, incapable d’ajouter le fond à la forme. Cette incapacité n’est d’ailleurs pas une nouveauté : c’est déjà ce qui a conduit à sa défaite aux présidentielles. C’est aussi ce que lui reprochent plusieurs grandes personnalités socialistes : elle n’a pas « le niveau ».

Si les militants PS l’ont choisie en 2007 pour représenter leur parti contre N. Sarkozy, c’est parce que les sondages montraient qu’elle était la seule à pouvoir le battre. Mais elle a perdu, et même cette qualité de seule gagnante potentielle a disparu. Ses atouts s’effacent donc les uns après les autres.  Seule demeure l’agressivité. Et déjà certains de ses « amis » politiques feignent de considérer que la stratégie initiale se transforme peu à peu en haine.

Il est vrai que le caractère systématique et outrancier des attaques proférées par l’ex candidate à l’encontre du Président de la République pourrait laisser penser qu’il y a de moins en moins de tactique  et de plus en plus de rancoeur personnelle. Au risque de n’apparaitre  plus un jour que comme la caricature d’elle-même.

Aujourd'hui

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