Elections européennes : et si enfin le sujet c’était… l’Europe !
Ce dimanche matin, en me rasant, je ne pensais pas aux élections présidentielles. D’abord parce que j’ai bien le temps d’y penser, et surtout parce que je pensais… aux élections européennes. Non pas que cette pensée soit chez moi spontanée, car il y a tant de problèmes ô combien plus urgents et plus locaux à régler. Mais simplement parce que j’entendais Vincent Peillon à la radio, l’une des futures têtes de liste PS lors des prochaines élections européennes. Et, alors que certaines voix au PS et ailleurs veulent faire de ces élections un test national de popularité de notre Président de la République, le discours de Vincent Peillon avait une tonalité différente.
Ce proche de S. Royal évoquait la nécessité de parler prioritairement de l’Europe avant de mettre en avant les contingences nationales. Alors, certes, cette approche n’est pas dénuée d’arrière pensée stratégique, car on peut imaginer que les listes Besancenot seront plus enclines à faire du franco-français. Dès lors, amener tout le monde sur le terrain du débat proprement européen peut gêner ou amoindrir les chances des petits partis extrémistes forcément moins crédibles sur ces enjeux là. On sait en effet que plus le niveau du débat s’élève, plus ce sont les grands partis de gouvernement -de droite comme de gauche- qui, par leur connaissance technique des mécanismes évoqués, ont le plus de chance de tirer leur épingle du jeux.
Mais, au delà de ce point de vue purement électoraliste, il y a peut être une réelle prise de conscience chez bon nombre d’élus et candidats de la nécessité de ne pas parler d’Europe seulement pour la critiquer à longueur d’année et en faire une sorte de repoussoir de toutes nos difficultés nationales.
Les analyses que j’avais menées en 2005, lors du référendum sur la Constitution européenne, étaient très révélatrices de la manière dont nos dirigeants évoquaient l’Europe : soit par le petit bout de la lorgnette, y projetant toutes nos batailles nationales et ne voyant dans les divers scrutins européens que le moyen de comparer les influences nationales des listes en présence ; soit en dénigrant en permanence l’Europe et en la rendant responsable de tous nos maux, attitude peu compatible avec une motivation et une mobilisation des français pour la chose européenne. Et en analysant les constantes du vote européen des français, notamment lors des référendum, on constatait pleinement ce désamour, ou à tout le moins un désintéret et une méfiance persistante.
Aujourd’hui, si les choses évoluent différemment, c’est sans doute en raison de la Présidence de l’Union européenne par le France. Car la manière dont N. Sarkozy a mené cette présidence a démontré à nos compatriotes que l’Europe pouvait avoir une existence concrète, pour traiter des sujets de préoccupations quotidiens : la crise économique, le chômage, la guerre…
Jusqu’alors, c’est surtout sous l’angle institutionnel que les Français entendaient parler de l’Europe. Rien de bien folichon. Des mécanismes complexes, bureaucratiques, lointains. Avec la Présidence de N. Sarkozy, tout s’est éclairé : chacun a enfin vu que l’Europe pouvait avoir une existence réelle pour peu qu’elle soit bien dirigée, avec intelligence et sens politique. Car ce qui avait le plus manqué jusqu’alors, c’était bien cette dimension politique…
Désormais, on a compris que l’Europe n’est pas condamnée à être impuissante en toute circonstance. Les thèmes de campagne des élections européennes devront naturellement tenir compte de cette nouvelle donne, puisqu’en Europe aussi tout devient possible. On s’oriente donc vers moins de nombrilisme. Il y a matière à s’en réjouir, car la construction européenne repartira d’autant plus que sa crédibilité sera renforcée par des débats de fond, de véritables propositions adaptées à cet échelon extra national.
L’Europe a en effet été le cible rêvée pour expliquer toutes les difficultées que nous rencontrons. Le référendum de 2005, pour le coup, a véritablement démontré que les instances européennes restaient bien loin de nous, citoyens, qui devions d’abord être européens avant d’être français, ou polonais ou encore allemands…alors que bon nombre d’entre nous ne comprenait pas ce que cette notion recouvrait…Le document papier envoyé étant pour le moins complexe, voire incompréhensible pour beaucoup.
Mais, je suis bien d’accord, le pragmatisme de Nicolas Sarkozy et sa manière de gérer l’Europe pendant la crise a montré que l’Europe n’est pas qu’un colosse au pied d’argile, celle-ci doit être la garante de notre avenir et non pas vue comme celle qui nous entrainera au plus profond de la crise. L’Europe est un atout, encore faut-il savoir bien l’utiliser.
exact
j’ai entendu viencent peillon, je faisais ma gym, dimanche matin. ce que j’ai retenu c’était aussi qu’il était parachuté et que proche de ségolène il avait été rattrapé de justesse pour faire bien, mais il avait l’air triste et de donner le change.je ne me suis jamais trop penchée sur cette élection, mais cette fois ci, je vais suivre ça.